pédagogie freinet primaire

Pédagogie Freinet #2 chez les primaires : apprendre autrement c’est possible !

Comme vous le savez, j’ai pu observer plusieurs classes d’une école pratiquant la pédagogie Freinet. Après les maternelles (si vous ne l’avez pas lu, c’est par ici!), voici les découvertes que j’ai faites chez les primaires !

Marie enseigne dans une classe de CP. En arrivant dans sa classe, j’ai été marquée par deux choses : la disposition et le silence en présence des élèves.

Devant le tableau, un espace avec des bancs pour se réunir. C’est ici que la vie de classe se passe : présentation de la journée, des travaux, organisation de la vie quotidienne, conseil de classe…  Ce petit cercle donne un côté beaucoup plus convivial et donne l’esprit de collectivité.

Le matin est dédié au travail individuel. Dans cette école, les enfants et les enseignants chuchotent durant la première partie de journée. J’avais le souvenir de classes bruyantes. Le bruit est agressif aussi bien pour les enfants que pour les adultes. Le simple fait de chuchoter aux élèves les pousse à en faire de même. Les après-midis sont réservées aux expérimentations. Le chuchotement n’est donc plus de rigueur.

Apprentissage de la lecture grâce aux textes libres

J’ai été impressionnée par la classe de CP : ici pas de manuel scolaire. Mathématiques, sciences, géographie : tout part de l’enfant. Il en est de même pour la lecture grâce aux textes libres. En début d’année de CP, l’enfant dicte à l’adulte. Ensuite il est capable de rédiger au brouillon. L’orthographe et la syntaxe seront corrigés par le professeur durant les heures de travaux individuels. En CP, le professeur rédige le texte que l’élève devra à son tour recopier au propre sur le cahier, puis le dactylographier sur informatique.

Cette méthode me semble très complète : imagination, brouillon, correction, dactylographie, tous les points essentiels de la production écrite sont intégrés. Elle se base sur les centres d’intérêts des enfants. Les textes sont exploités par l’enseignant pour aborder les notions nécessaires et rédiger des fiches. Les élèves sont ainsi acteurs de l’enseignement qu’ils reçoivent et sont d’autant plus intéressés par l’apprentissage.

Les temps collectifs

Comme chez les maternelles, le « Quoi de neuf ? » est quotidien. Les informations partagées servent de base pour des apprentissages futurs.

Le samedi matin, j’ai assisté au conseil de classe des CM1/CM2. C’est un rendez-vous hebdomadaire dédié à la vie de classe, la gestion des conflits, l’organisation d’événements… Ce moment important vise à responsabiliser les élèves, et à prendre des décisions collectives. Les temps de paroles sont gérés à l’aide de sabliers. Un modérateur distribue la parole, un élève préside le conseil tandis qu’un autre prend des notes. Même l’enseignent peut être tributaire de la décision collective !

Comme chez les maternelles, le samedi est aussi le moment de présenter aux parents les travaux.

Les brevets

Dans cette école, on ne parle pas d’évaluation mais de « brevet ». L’avantage d’un brevet c’est que l’on peut le repasser quand on a pas réussi. C’est plus valorisant pour l’élève.

L’ouverture aux autres

L’ouverture aux autres est importante dans la pédagogie Freinet. Elle passe par plusieurs moyens : la correspondance, les promenades scolaires, la présentation des travaux à la classe et aux parents…

Célestin Freinet insistait sur la correspondance entre élèves. Cette pratique permet une ouverture aux autres, un travail de rédaction grâce à la correspondance épistolaire. Ces échanges sont aussi le moyen de voyager à moindre frais !

Cette ouverture passe aussi par les promenades scolaires ou « découverte du milieu », qui offrent à l’enfant un nouveau regard sur l’environnement qui l’entoure. La semaine où j’étais présente, les élèves de CP avaient participé à une balade mathématique. Ils s’étaient promenés dans le quartier pour observer les translations, les rotations, les symétries… Cette balade a été le point de départ pour aborder ces notions de géométrie qu’ils ont ensuite expérimentées en classe.

Une pédagogie adaptable ?

Peu d’école propose cette pédagogie. Pour les enseignants cela nécessite une « improvisation » permanente : aussi bien dans la préparation des cours  (il n’est pas possible de les préparer pour une période) que dans le quotidien. Les « Quoi de neuf ? » sont un bon exemple :  à partir des apports de l’enfant, le professeur doit faire le lien avec le programme officiel ! Mais selon les institutrices que j’ai rencontrées, cette pédagogie ne demande pas plus de travail. Finalement, les textes libres, le conseil de classe, le « Quoi de neuf ? », le chuchotement, les temps de travaux individuels peuvent être mis en place dans une classe classique.

La pédagogie Freinet a fait ses preuves au sein de ce quartier difficile. L’école dans laquelle je me suis rendue est très sollicitée. Elle reçoit trop de demandes par rapport au nombre de places disponibles. Il n’y a pas eu d’étude réalisée sur les devenir des élèves sortis de cette école. Cependant, une étude est en cours sur des classes de collège de la métropole.

J’espère que ces deux articles vous ont plu. Je ne suis pas (encore) professionnelle, il s’agit juste d’un regard de Maman. On entend aujourd’hui beaucoup parler de la pédagogie Montessori : jeux dans les grandes enseignes, écoles aux scolarité hors de prix. Au delà de l’individualisme de la méthode, ce qui m’embête le plus, c’est le détournement marketing qui en est fait ! Je trouvais intéressant de découvrir et faire découvrir une autre pédagogie sortie des sentiers battus !

•••••

Merci à Marie et Angéline pour leur accueil !

 

 

 

4 Comments

Votre message